Rééquipement  de « L’appel du bistrot »

Secteur de l’Ecaille à la Tête Colombe, voie ouverte par Daniel Grimal et Stef Duga en 1988

Rééquipement: Olivier Giroud septembre 2022

Matériel fourni par ONOS

La voie « L’appel du bistrot », secteur de l’Ecaille de Tête Colombe dans les Cerces, a été ré-équipée intégralement en trois jours par Olivier Giroud, d’abord seul en deux jours jusqu’à R5, puis avec Gwenn un ami BE, pour finir les deux dernières longueurs.

Au final c’est un bel ensemble, soutenu dans le 6c obligatoire, pour du gros 7a+ enchaîné. C’est un projet pour des grimpeurs de 7, dans la continuité de la voie JMC de l’Ecaille «  Encore du devers » ré-équipée aussi par Olivier Giroud et qui est maintenant régulièrement parcourue.

L’équipement d’origine avec cornières maison et spits de 8mm a été remplacé par des goujons de 10mm en inox. Les rappels sont constitués des plaquettes à anneaux soudés et cordelette de liaison. 

Pour la dernière longueur, seule la version en 7a a été ré-équipée, elle est plus proche du niveau moyen de la voie et mène directement à la ligne de descente. Du coup la sortie en 6b+ est restée dans son jus, faisable, le premier point après le relais a été changé pour renforcer l’ensemble. 

Une petite précision d’Olivier : Les cotations sont des années 1988, et donc sèches! les équipeurs évoluant à l’époque dans le 8!.

Rééquipement de la « Fureur de Vivre »

(en mode: « la Fureur de spiter » :-p)

Participants : Sylvain Cambon, Guillaume Drouard, Valentin Ravier, Yves Rogez

Matériel fourni par ONOS

Rééquipement réalisé avec l’accord du Comité de pilotage de la Convention Alpinisme du Parc National des Ecrins.

Quand on recherche Fureur de Vivre sur internet, on tombe sur un film de 1955 avec le fameux James Dean mais c’est le nom qu’a choisi Jean-Michel Cambon (le cinéphile?) pour baptiser sa nouvelle voie au Pic Nord des Cavales, ouverte en 1988 avec Philippe Henry. La deuxième de cette belle face sud-ouest après Le Diable au Corps en 1987 à sa gauche.

En bon novice du rééquipement mais après une prise de contact chez ONOS on me propose d’aider à rééquiper cette voie. Rendez-vous est pris avec Yves Rogez, Sylvain Cambon (tient un nom familier !), et Valentin Ravier (un autre jeune grenoblois).

Lundi 8 août à 16h, nous sommes au parking de la Bérarde, on se partage le matos
“Qui porte le marteau de Jean-Mi?”
“Clé de 13, OK, clé de 17 ok” 
« Sylvain, tu prends ta clé à molette ? La tienne est plus légère”

Le plus lourd, perceuse, batteries, mèches, goujons et plaquettes ayant été héliporté auparavant lors du dernier ravitaillement du refuge du Châtelleret. Et donc deux heures plus tard, sans trop d’efforts, nous voici en train de faire connaissance et de siroter une bière au refuge du Chatelleret, ça parle logistique et stratégie de rééquipement.

Petit aparté :
Seulement 5 sorties rentrées depuis 2004 sur le fameux CampToCamp, ça donne une idée de la fréquentation de la voie.
“Le pas de 6b est bien obligatoire, très technique, avec relais improtégeable (en tout cas depuis là où nous l’avions installé), et le 1er point est donc 5m au-dessus du relais, et se caractérise par un spit rouillé de 8 qui sort d’1 cm. Pas certains du tout qu’il retienne une chute. Au-dessus, le 6b continue sans interruption avec au bout de 3m un piton symbolique qui peut aléatoirement servir d’aide en A0 (il sort de 5 cm et plie bien… mais bon dans le piton, tout est bon…)
On s’arrêtera là [R2] pour cette fois, mais ce n’est que partie remise.« 
Voie réalisée il y a une quinzaine d’années, je confirme que coinceurs et cams sont indispensables si on veut grimper serein.”

Bref que des commentaires encourageants pour faire cette voie !

Hé oui il va bien falloir que quelqu’un se colle à grimper en tête, armés de quelques coinceurs, pour assurer les seconds qui rééquipent. Et justement autour de cette fameuse bière j’ai l’honneur d’être désigné à cette tâche.

Mardi 9 août, réveil à 5h, approche en basket, le névé ayant complètement disparu à cette date en cette année de canicule… On file direct au relais de la première longueur (1 friend 0.75 et un vieux spit de 8), au pied de la longueur en 6b. Yves et Valentin arrivent rapidement pour équiper un nouveau relais, les deux premiers points de ce rééquipement. On rajoute un point de renvoi avant de se lancer dans la fameuse L2. On oublie pas d’ajouter une goutte de  frein filet (i.e. Loctite243) pour éviter que les écrous inox ne se desserrent.

La L2 donc, tant redoutée, se présente en un dièdre couché lisse avec une fine fissure bouchée, et une sortie par un léger surplomb. Il y a en effet, un spit de 8 “mobile”, un piton qui bouge et un autre spit plus éloigné sur les six premiers mètres qui sont bien délicats et techniques à froid. On remplacera le vieux piton (ce qui ajoute une petite prise dans la fissure bouchée d’ailleurs !) et un point supplémentaire dans le pas qui suit. Ça passera en A0 pour les suivants. La suite de la longueur est plus prisue et plus facile.
Notre organisation se met alors en place: Yves au perfo, Valentin à la pose des points et Sylvain au retrait des anciens points et à la purge des quelques cailloux branlants (sa spécialité!), et moi en tête.
“Et elle-est où la Loctite ?”
“Ah merde c’est moi qui l’ai dans la poche”
“Ah tu as la bonne clé ? La mienne est un peu foiré”
“Si je prends un marteau, vous en aurez pas besoin ?”
Voilà le genre de discussion que l’on aura au cours de cette journée, notre organisation se bonifiant au fil des longueurs. Et rassurez-vous tous les points auront été bien serrés et verrouillés avec du frein filet.
Une très belle L6 avec un surplomb un peu plus athlétique que le reste de la voie, et un beau dièdre en fissure qui part vers la gauche, originellement équipé uniquement sur pitons, avec un relai un peu inconfortable mais qui permet de voir son second et de prendre une belle photo.
L7 facile mais assez engagée, on rajoute un point. “Yves, on a plus de points ! C’est dommage, et il nous reste plein de batterie !” “Tant pis on perce et on viendra les poser demain” On pensait que le temps ou l’autonomie des batteries nous feraient défaut mais au final on a bien avancé et on aurait pu finir la voie aujourd’hui.
Puis dans L8 : “Tu vois les points toi ? Moi non… Bon ça doit traverser là mais quand même j’ai l’impression qu’il n’y a aucun point !”. Mais si ! Les 3 points, bien éloignés étaient bien là, légèrement cachés dans les creux de cette belle traversée dalleuse. De même quelques points rajoutés dans cette longueur bien expo, mais qui restera “ambiance”.

Arrivé à R9 on descend rapidement en rappel via Action Directe, le temps de mettre à l’abri le matos et de filer au refuge, on arrive pile à 19h30 pour la soupe et juste avant la pluie (enfin pas pour les deux sages qui auront un peu plus traînés à la descente) Une belle et grosse première journée, j’aurais même eu le droit à mes deux figolus comme le veut la tradition Cambon (un festin, en somme !).

Mercredi 10 août, réveil 4h30, on veut avoir le temps de tout finir. Au programme :
– rééquipement de la première longueur de la Fureur de Vivre
– équipement d’une nouvelle L1 pour la Fureur de Vivre, tout à droite de la paroi, pour un accès direct à L2 et permettant d’éviter le névé en début de saison. Longueur repérée la veille par Sylvain.
– ajout des derniers points dans les dernières longueurs de la Fureur de Vivre, percés la veille
– remplacement des derniers points de 8 restants dans le Diable au Corps
– en bonus : rééquipement de la L3 originel du Diable au Corps en 6b et A0 sous les toits.

Les deux premiers items sont rapidement réalisés, Sylvain et Valentin partent dans la fureur, avec quelques points pour frapper les goujons manquants dans les dernières longueurs. Yves et moi partons dans le Diable au Corps en réversible. C’est là qu’on se rend compte que ce n’est pas facile de grimper avec tout ce barda, même en second, heureusement que c’est principalement de la dalle !

On se retrouve au sommet vers 13h30 pour entamer les rappels d’Action Directe et leur rééquipement tous ensemble.

“Mais au fait, elle est où cette clé à molette ?”
A force d’abnégation Sylvain arrive à retirer les maillons pour les mettre sur les nouvelles plaquettes. Bref on finit relativement tôt, je me dis qu’on sera tranquilou en fin d’aprem à la Bérarde pour une bière en terrasse au soleil. Que neni ! Le dernier item de notre liste sera assez fastidieux. Tester la L3 de Diable au Corps en artif ou semi-libre puis la rééquiper par le haut sera plus long qu’imaginé. Peut-être bien 2 bonnes heures pour cette seule longueur ! Pour la première en tête c’est Sylvain qui s’y colle, (faut dire qu’il s’y connait en artif), j’essaie en second en libre mais ça me parait vachement dur, un bon pas de 6c je dirais pour la première traversée et après l’artif un bon pas en dalle en pur adhérence du même acabi (à moins que ce soit la fatigue accumulée des deux jours on ne sait pas trop, car pour Sylvain le chamois des dalles le second pas n’est pas plus que 6b, bref avis aux répétiteurs !). Yves se transforme ensuite en cordiste professionnel pour changer du haut les points sous le surplomb, je le rejoins et c’est en effet assez sport. On ajoutera 1 point dans la traversée pour donner envie de tenter le libre, 1 point pour faciliter l’artif du toit, et 1 point dans la dalle de sortie pour réduire un peu l’exposition.

Et dire que tout cela avait été ouvert au tamponnoir, soit environ 5 minutes pour percer chaque point, en équilibre sur ses mollets ou sur un simple crochet goutte d’eau, cela force le respect !

Enfin, pour finir, quelques points à changer dans la L1 commune aux trois voies. Au pied de la voie vers 18h30, le bassin meurtri par le baudrier et les mains abîmées, éraflées en retirant les vieux points (y parait qu’il y a une technique spéciale). Puis 21h à la voiture, avec un retour sous la pluie. Adieu l’idée de prendre une bière au soleil et puis elle pourrait être fatale sur les routes sinueuses du Vénéon, et l’envie de retrouver au plus vite son lit après cette journée de 16 heures se fait finalement plus pressante. (NB: pour la prochaine fois, prévoir une excuse pour ne pas rééquiper une longueur supplémentaire d’artif).

Finalement le rééquipement c’est pas sorcier, il faut surtout être motivé, et j’espère que ce récit vous donnera envie d’y participer. Bref n’hésitez pas à mettre la main à la patte, faites votre adhésion chez ONOS et prenez contact, il y a plein de projets de rééquipement. Et puis on attend vos retours sur La Fureur.

PS: la clé à molette était dans le coffre de Sylvain !

Voilà il y a de quoi rentabiliser un bon séjour du côté du Châtelleret avec ces trois magnifiques voies au Pic Nord des Cavales fraîchement rééquipées.

Sylvain Cambon, Valentin Ravier et Yves Rogez pour le rééquipement, avec Guillaume Drouard pour le récit.

Rééquipement partiel de : « Purée d’Astragale »

Participants : Alain Bengaouer, Serge Ravel ; Yves Rogez

Matériel fourni par ONOS

Rééquipement réalisé avec l’accord du Comité de pilotage de la Convention Alpinisme du Parc National des Ecrins.

En cette fin août, une équipe dotée de capacités certes limitées mais armée d’une volonté en acier (mais pas en Inox quand même), constituée de deux vieux grimpeurs (dont un largement atteint par la limite d’âge) et d’un « presque jeune » encore plein d’avenir, monte au refuge du Sélé en vue de rééquiper la voie difficile «Purée d’astragale».  Les 100 points prévus pour l’opération sont déjà au refuge puisque montés l’an dernier lors du rééquipement de «Attaque à main armée » ce qui rend les sacs plus supportables.

Le 28 Août, nous cherchons le départ de la voie entre « Jour de colère » (rééquipée en 2019) et « Unchi Maka » (pas de point dans la première longueur…). Après un moment, Yves avise un spit de 8 mm à environ 8 m du sol. Notre niveau ne permettant pas d’atteindre ce point sans chute potentiellement dramatique, Serge part en direction du point avec la perceuse et place deux points et un Friend avant d’atteindre le spit puis de poursuivre la longueur initialement cotée 5c. Par la suite un point sera encore ajouté au niveau d’un vieux piton et les vieux spits seront remplacés par des goujons inox de 10 mm avec une goutte de Frein Filet délicatement déposée sur le filetage pour éviter le dévissage potentiel de la plaquette. Nous coterons cette première longueur de presque 50 m, 6a+. La suite de la voie est plus simple car L2, L3 et L4 ne dépassent pas le 6a et l’équipement vieillissant est bien placé. Nous remplaçons tous les vieux points et ajoutons un point de renvoi au-dessus du relais si nécessaire. L5 est la longueur la plus dure de la voie (cotée 7a+ avec un point d’aide par Fred Roulx en 2008). L’équipement est abondant mais hétéroclite et pas optimal pour du libre. Après l’ascension de cette longueur en artifant pas mal, les points sont changés et leur placement légèrement modifié. Un point est ajouté à la sortie dans le dièdre déversant où un pas proche de 6c nous semblait obligatoire.  Cette longueur se parcourt maintenant bien en libre si on a le niveau ou en 6b/A0. Le soir tombant et la fraicheur nous envahissant nous rentrons au refuge ou Elsa (l’aide gardienne) nous attend avec force bières et victuailles roboratives, le tout accompagné de son sourire et de ses histoires de randonnées à cheval.

Le lendemain, après la réchauffante approche désormais uniquement caillouteuse, nous remontons les 5 premières longueurs, puis attaquons la suite munis de la perceuse, deux batteries, et 30 points. L6 présentant un 6b un peu violent au départ, un point est ajouté, la suite est plus facile mais nécessite l’emploi des coinceurs. Les vieux points sont changés ainsi que les relais. L7 est plus corsée mais splendide et avec une grande ambiance au-dessus des toits. 3 points sont posés en plus : un au départ (renvoi), un dans la dalle à petites prise à la sortie de la fissure et un autre à la fin de la traversée (un pas dur en dalle). Les vieux points sont changés. La cotation proposée est 6b+. L8 démarre par une petite dalle et une fissure qui se protège bien. Un point est ajouté à la fin de la fissure, et autre vers la sortie pour indiquer l’itinéraire. Nous sommes alors au pied du dernier ressaut et ses fissures terribles mais il est tard et nous redescendons avec le sentiment du devoir presque accompli. Retour au refuge vers 21h bien fatigués. Accueil très chaleureux de Sophie la gardienne et Elsa dans ce refuge désert en cette fin de saison.

Au total, nous avons posés 41 points inox (avec Frein Filet) le premier jour et 27 le deuxième (points dans les longueurs et relais), soit 68 points. Il reste donc au refuge 32 points. Les vieux spits et pitons ont été redescendus.

Cette première partie de la voie est très belle, variée, soutenue et exigeante à partir de L5. Les coinceurs sont nécessaires (Camalots C4 de 0.5 à 3 et 4 certainement pour le haut de la voie). Le rééquipement des 5 dernières longueurs reste à faire et les bonnes volontés sont bienvenues (grimpeurs aguerris appréciant la marche et prêts à engager un peu…).

Rééquipement de voies au Soreiller du 1er au 3 Août 2022

Participants : Alain Bengaouer, Serge Ravel ; Yves Rogez

Matériel fourni par ONOS

Une équipe bien motivée …

Du 1er au 3 Août une équipe motivée est montée au refuge du Soreiller pour revoir l’équipement de quelques voies pour lesquelles des remarques sur l’équipement avaient été notées.

1er Août 2022 : Clochetons Gunneng, 3108 m- Face Est : Voie «Cécile vous plait »

Nous avons eu quelques difficultés à trouver le départ de la voie à cause de la fonte importante des névés au départ. Nous n’avons pas repéré le premier point qui était très haut. En se décalant 30 m à droite du vrai départ, nous avons aperçu des points qui indiquent une traversée de droite à gauche et qui permet de rejoindre le premier relais. Deux points ont ensuite été ajoutés au départ véritable (à l’aplomb du premier relais).  La suite de la voie est assez bien équipée même si parfois ils sont un peu espacés. Les points existants étaient en bon état. Nous avons ajouté quelques points pour indiquer l’itinéraire ou limiter l’engagement, ainsi que des points de renvoi.  Nous avons également remplacé le R2. Le schéma ci-dessous indique les points et les relais changés. Au total, 10 points inox ont été placés. A L4 nous sommes passés par le 5a (plutôt 5c+ à notre avis). Nous n’avons pas revu le 6a de la variante.

Cette voie est une très belle alternative à la Dibona avec une vue imprenable sur le sommet de la belle. Le rocher est excellent et l’escalade est très plaisante.

 

 2 Août 2022 : Tours du Soreiller : Voie  « Mazurka »

Au pied de ces tours, les névés ont beaucoup fondu, dégageant des dalles lisses souvent couchées mais se redressant vers la fin ce qui rend difficile l’accès aux premiers points. Pour Mazurka, 3 points ont été ajoutés dans L1.  Dans la suite de la voie quelques points ont été changés (rouillés ou goujons de 8 mm). Ensuite 6 points ont été ajoutés pour diminuer l’engagement ou faire des renvois au-dessus du relais. Un dernier relais de rappel a été placé 5 m au-dessous du dernier relais pour limiter le risque de coincement à la descente. Au total, 13 points ont été placés dans cet itinéraire.

Cette voie est maintenant bien accessible aux grimpeurs d’un niveau 6a avec un peu de marge pour être serein au-dessus des points. Les coinceurs ne sont pas nécessaires mais quelques friends (C0.5 à C2) peuvent limiter l’engagement si on est un peu juste. Globalement c’est une très belle voie homogène dans sa difficulté avec les 3 dernières longueurs dans un rocher rouge fantastique.

 

3 Août 2022 : Tours du Soreiller : Voie « La polka (du pilier voltigeur) »

Pour cette voie, le névé presque entièrement fondu a laissé place à des dalles lisses non équipées, pas si faciles et encombrées de cailloux et graviers. Ce jour, le R0 se trouvait à près de 40m du départ. Nous avons donc équipé une longueur facile qui permet d’accéder au R0 sans passer par la neige.  Des dalles très couchées au départ (1 point indicatif puis un autre plus haut) puis une partie plus redressée (4c/5a, 2 points) et une traversée vers l’ancien R0. Dans la voie, comme pour Mazurka, nous avons ajouté quelques points car l’engagement était important (ajout de 1 à 2 points par longueur sauf dans les longueurs du haut). Néanmoins, l’esprit de l’ouverture a été respecté, en clair, il y a encore un engagement certain… Le passage en 6b est quant à lui très équipé. Au total, 18 points ont été placés. Les coinceurs sont facultatifs mais on peut prendre quelques friends (C0.5 à 2) pour plus de confort.

Encore une très belle voie avec un final ébouriffant signée Cambon, Chapoutot, Ghesquiers.

 

En conclusion, un beau séjour dans ce cirque magnifique avec un accueil très chaleureux des gardiennes du refuge qui, malgré la foule de ce début Aout, nous ont particulièrement chouchoutés.

 

Sortie des Topos Escalades à la Bérarde et Oisans Nouveau Oisans Sauvage , Livre EST

Pas de révolution dans ces topos, les « bibles » existaient ! Mais une lisibilité des infos améliorée.
Et surtout, la vente de ces topos participe à financer les futures ouvertures et rééquipements.


EST : (version précédente 2015 ) 27 voies nouvelles, dont 14 (petites) voies à Ailefroide, une très facile à Entre les Aygues, deux voies très dures (Pic sans Nom et Bans), Sagnette,  Chambran, Cerces (Tour Termier, Roche Robert, Roche Colombe, Aiguillette du Lauzet), Gaulent.
Bérarde (version précédente 2013 ) : peu de voies nouvelles, mais l’info de tous les rééquipements
et la partie école est complètement remise à jour.

Info :
Le topo AILEFROIDE est quasi épuisé, mais vous trouverez la partie intégrale Ailefroide(hormis écoles) dans le livre EST, ou vous patienterez jusqu’au printemps prochain pour avoir la nouvelle version complètement remise à jour. L’Oisans OUEST sortira en 2023 aussi.

Rééquipement des accès aux Rochers de l’Homme

Jean-Christophe Dimanche et Alain Bengaouer, en 6 séances de juin à octobre 2021

Matériel fourni par ONOS

Il était devenu nécessaire …

De nombreux grimpeurs nous ont signalé que les accès aux divers secteurs du Rocher de l’Homme étaient devenus dangereux, aussi avons nous décidé de consacrer quelques séances à les sécuriser.
La falaise est vaste, elle offre près de 40 voies de 40 m à 400 m soit 240 longueurs, dont beaucoup sont remarquables, tracées par Jean-Michel Cambon de 1997 à 2019. Souvent, de vieux câbles ou des cordes fixes hors d’âge offraient une bien douteuse protection. Après discussion au sein d’ONOS et avec Philippe Halot et Thibault Cattelain, nous avons choisi dans la plupart des cas d’enlever les câbles et de placer suffisamment de goujons pour permettre l’assurage en mouvement  (10 ou 15m de corde entre grimpeurs) lors des traversées au pied des voies. Bien sûr certains passeront sans s’encorder, libre à eux, mais les bouquetins sont habiles au lancer de pierres, les pentes sont raides et Rioupéroux bien loin!
Tourelles de l’Homme :
Là c’est facile, mais la sente de descente est peu marquée par endroits, quelques points de peinture indiquent le passage.
 
Tour de l’Homme :
Il s’agit de traverser le couloir pour accéder aux voies de Super Sika à Coucou Rioupéroux, On a placé des points pour protéger la traversée du couloir, rénové l’équipement de la traversée de la vire et supprimé les câbles dangereux.
 
Donjon :
Il y avait là deux rappels et un câble placé pour permettre les remontées en cas de retraite. Les deux rappels ont été rééquipés en chaine et les le câble retirés. La remontée de la ligne de rappel est toujours possible, même en cas de pluie grâce à un équipement très rapproché. A noter qu’il est possible de descendre en un seul rappel (50 m) pour limiter le temps passé dans ce couloir très exposé aux chutes de pierres (toujours ces bouquetins belliqueux).
Puis dans la traversée d’Acadabrantesque jusqu’au Soleil des Mourants qui peut être délicate par temps humide, les câbles et cordes fixes ont été retirés et des goujons ajoutés ainsi que quelques points de peinture pour indiquer le passage. 
 
Bitte de l’Homme:
Là un câble placé par Philippe Halot permet de traverser du collu jusqu’en haut de la Bitte de l’Homme (Merci Philippe, ça a dû être un sacré boulot!). Quelques points de peinture mènent au versant sud où l’on a placé un câble pour protéger la traversée qui mène aux rappels. Les rappels ont été ré-équipés et sont maintenant chaînés.  
 
Rochers de l’Homme:
Les cordes fixes ont été supprimées et de nouveaux goujons placés pour permettre la traversée depuis Raide jusqu’à Chourmo en assurage en mouvement. La ligne de rappel dans les trois premières longueurs de Total Keops a été revue,  le premier rappel part maintenant de la vire. 
 
Pilier des Rivières Pourpres :
Les câbles d’accès au Pilier des Rivières Pourpres existent toujours, mais sont en très mauvais état, et ne doivent pas être utilisés, l’accès peut se faire par les rappels de Rivières Pourpres, ou dans la nouvelle ligne qui utilise les 5 derniers relais de l’Extension du domaine de la lutte, puis deux rappels hors voie et enfin R4 et R3 des Rivières Pourpres (voir le schéma ci-dessous). Au passage, quelques points ont été ajoutés dans l’Extension du domaine de la lutte aux endroits jugés dangereux.
 
 

A terme il faudra faire quelques chose de ces câbles d’accès au Pilier des Rivières Pourpres, les supprimer et trouver un moyen de remontée en cas de but ou attendre qu’ils tombent tout seul… 

Un petit bilan 2021

Voici un petit bilan de l’année précédente pour ONOS. Depuis la création du copil Cambon en août 2020 et suite à la création de l’asso en mai 2021, voici ce qui a été réalisé :

  • 20 voies rééquipées avec les fonds ONOS
  • 15 voies rééquipées sur financements autres, et suivis par ONOS
  • Une trentaine de rééquipeurs
  • Des contacts avec les acteurs locaux en montagne et en vallée :
    • Parc National des Ecrins
    • Bureau des guides écrins
    • Refuges : Soreiller, Promontoire, Châtelleret, Pavé, Olan, Sélé, CAF 05 et CAF 38
    • Restaurant le Champ de Pin, La Bérarde
    • Centre Alpin Belge, La Bérarde
    • Mairie Vallouise-Pelvoux : 10 voies rééquipées par le bureau des guides des Ecrins, financées par la Mairie de Vallouise-Pelvoux (indépendamment des activités d’ONOS)
  • Environ 1600 points achetés (un point coûte environ 2.5 €, un relais environ 20 €, à quoi s’ajoutent les forets, l’outillage et le matériel de hissage…)
  • Environ 1400 posés
  • Une vingtaine de voies ont été listées pour des rééquipements l’année prochaine

Grâce aux adhésions et dons, l’association ONOS a pu se doter cette année de près de 3000 points, qui ont déjà été commandés en vue des pénuries et augmentation de prix potentiels :
du travail en perspective pour 2022 !

Des voies ont été identifiées pour de futurs rééquipements grâce aux notes de JMC et aux retours des grimpeurs via le site web. Pour certaines d’entre elles, le travail à réaliser n’est pas bien clair.
Ces voies nécessitent une reconnaissance.
Si cela vous tente d’aller y faire du repérage et nous faire un retour, n’hésitez pas ! Contactez-nous pour obtenir la liste
contact@voies-cambon.fr.

Et surtout, n’hésitez pas à vous manifester si vous êtes équipeur, que vous ayez un projet précis ou non !

Pour continuer à soutenir l’action d’ONOS, nous vous invitons à adhérer pour 2022 ;-).

Le C.A. ONOS

Rééquipement « Un p’tit pipi au lit » Cascade d’en bas – septembre 2021

(1993 – Jean-Michel Cambon, Pierre Chapoutot, P. Dellac, Etienne Rol)

Rééquipement par Samuel Guillaume, Corinne Flores, Stéphanie Lebon, Serge Andreani  – septembre 2021

Un week-end exceptionnel sous le signe du souvenir et du don de soi ; une façon à nous d’honorer et de remercier un Grand Homme des Montagnes de l’Oisans, Monsieur Cambon !

Fin août, Serge, l’ami de longue date m’appelle et m’explique que l’association « Oisans Nouveau Oisans Sauvage » a été créée en mai 2021 afin d’entretenir le patrimoine vertical construit par Jean-Michel Cambon et qu’il aimerait soutenir activement l’association.

Prise de contact, discussion avec l’association, proposition d’un projet de maintenance ; et à l’issue d’une semaine de réflexion, la maintenance d’une jolie voie que j’avais parcourue il y a 3 ans avec Eric, un ami lyonnais nous est confiée:  « Un p’tit pipi au lit » dans la vallée reculée  de la Bérarde, cru Cambon 1993. A l’issue de ce parcours en 2018, j’avais déjà à l’époque envisagé de contacter Jean-Michel pour lui proposer des améliorations et une maintenance mais le temps a filé et la vie en a décidé tristement autrement…

Une seule date s’offre à nous car l’accès à la Bérarde s’annonce fermé dès le 3 octobre pour l’entretien de la route et ce durant plusieurs semaines. Au-delà, le froid bloquera toute maintenance. Nous suivons donc attentivement les prévisions météorologiques. ô miracle, le vendredi 24 septembre s’annonce radieux ! Voici donc l’équipe de 4, en toute parité,  partie de Marseille à 20h le jeudi soir, ; arrivée à 1H de matin pour une nuit courte dans le van aménagé.

Dès le réveil, malgré le manque de sommeil, nous voici comme remplis de cette énergie débordante qui animait Jean-Michel et seuls au monde dans cette vallée reculée, pour un petit déjeuner face à la magnifique cascade et sous un ciel bleu azur si rare ! Je me souviens alors d’une petite phrase du topo de Jean-Michel : « L’ouverture d’une voie, c’est avant tout un putain de gros sac ! » Le rééquipement aussi !!!

A l’issue d’une approche rapide, quelque peu chargée donc, nous voici affairés aux préparatifs dès 10h. Pendant que Stéphanie et Corinne installent une main courante à demeure qui s’avère nécessaire pour sécuriser la vire scabreuse, je me lance, perforateur aux fesses, comme à l’ouverture du bas, pour les premières maintenances de la première longueur : ajout d’un point, remplacement de quelques plaquettes pliées ou cassées, remplacement du relais écrasé. Serge se charge de remplacer les nouveaux écrous inox par des écrous inox à frein pour éviter tout desserrage intempestif des nouveaux ancrages, et me rejoint pour hisser le sac de matériel. Ambiance Big Wall. La cordée féminine trépigne d’impatience et profite d’un bain de soleil avant de tester les longueurs revues et corrigées ! C’est ça la galanterie !

L’ascension se poursuit tranquillement sous un ciel magnifique. Quelques points sont ajoutés et déplacés. Une remarque de Jean-Michel, que j’avais rencontré à l’apéro chez un couple d’amis à Vallouise en 2004, ne me quitte pas de la journée. En effet, un peu naïvement, je lui avais demandé ce jour-là, s’il faisait du point pour point lorsqu’il rééquipait (même si je ne partageais pas cette idée mais je n’osais pas trop aborder le sujet,  tout jeune équipeur que j’étais par mes premières armes au Devenson, face au Maestro). Je me souviens qu’il avait ouvert grand les yeux tant ma question lui avait paru surprenante voire stupide ! Car la réponse avait été sans équivoque, le rééquipement était à ses yeux l’occasion de corriger les erreurs inéluctables de la première vague et l’occasion de prendre en compte l’évolution de l’escalade. Cette ouverture d’esprit m’avait marqué et forçait mon admiration !

Alors durant toute cette journée, je me disais, en montant, qu’aurait fait Maître Cambon ? Là, ça craint, la chute est mauvaise, on ajoute un point. Mais le suivant est trop près désormais ! Allez donc, il faut le faire sauter pour le remonter. Misère, il y a davantage de boulot que prévu  et le temps file ! Comme d’habitude, quoi ! Mais on doit tendre vers la perfection sinon du haut de SES montagnes, Jean-Michel sera déçu ! Pression donc ! Nous laissons donc le soin à la cordée féminine d’échanger les écrous inox pour gagner du temps. Le sommet arrive à 18H45 passées. J’avais promis qu’on serait  en bas avant la nuit ! Nous passons donc en mode « fast and furious » pour équiper la nouvelle ligne de rappels plus directs. Pendant que la cordée féminine scie toutes les branches qui trainent pour éliminer tout risque de coincement de corde, je file sur un brin au gri-gri, perforateur en bandoulière pour percer les nouveaux relais chaînés.  Serge fait la mule avec le gros sac à la descente ! Vers 20H30, nous retrouvons la main courante d’accès à la frontale ! Rangement des sacs, pliage des cordes, retour au camion, une douche froide à la frontale, un micro apéro pour motiver l’équipe à reprendre la route… pour Presles ! Objectif du lendemain : une voie exceptionnelle de Bernard Gravier : « Désirée ». Un nom tout à propos : arrivée à minuit au parking du Charmeil pour faire cuire et dévorer les magrets de canard tant désirés et savourer la bouteille de rouge très particulière « Ne jamais renoncer » , tout à propos également car l’orage sera au RDV le lendemain dans la dernière longueur bien mouillée !

Une grande pensée à nos deux aventuriers, Maxime et Daniel, qui n’ont pas pu hélas nous accompagner à notre et à leur grand regret. Nous aurions fait une large équipe plus redoutable et efficace avec deux perforateurs ! Partie remise !

Une reconnaissance éternelle à Jean-Michel Cambon qui fut et le restera dans mon cœur, mon Maître ès-créations de voies et animé d’un altruisme admirable à toute épreuve avec ce souci prégnant de la sécurité pour les répétiteurs. Un maître qui m’a beaucoup inspiré dans nos créations ! J’espère que du haut de ses montagnes, il sera satisfait de notre travail et que les grimpeurs y prendront beaucoup de plaisir.

Un très grand merci à l’association, pour sa confiance à notre égard, son soutien logistique en goujons/plaquettes inox et son ouverture d’esprit.

Une immense gratitude aux ami(e)s de longue date, Corinne et Serge, pour leur patience et leur confiance qu’ils m’accordent dans ces aventures, souvent nocturnes, et assez engagées ! 

Et tout plein d’admiration et d’amour pour ma compagne remarquable, Stéphanie, qui participe activement à ces chantiers – parfois bien éprouvants – de maintenance ou de création divers et variés dans de nombreux massifs. 

Bref, ce fut un week-end riche en émotions! Et ô combien nourrissantes en ces temps où le monde semble bien fracturé et fragilisé ! Un souffle d’oxygène et de liberté ! Avec à la clef, une magnifique voie qui gagne à être connue : une approche rapide, de très belles longueurs aux styles variés ( dalle à friction, dévers, dièdre, mur raide etc…) avec cerise sur le gâteau, un mur final en 6b digne d’un mur légèrement déversant d’une salle d’escalade avec des préhensions qui demandent du placement ! Le top, quoi ! Tout cela dans une ambiance particulière où les embruns viennent vous rafraîchir si le vent est joueur. La nouvelle ligne de rappels redépose rapidement à vos chaussures. Une escalade plaisir en mode light « Une belle réussite, sans forfanterie aucune » comme dirait Jean-Michel ! 

200 mètres, 7 longueurs 5c, 5b, 5c, 6a (court et bloc), 5c, 6a++, 6b

Descente en 5 rappels : 40m, 40m, 28m, 40m, 40m 

Alors foncez, c’est un vrai régal ! Et laissez s’envoler quelques pensées pour Monsieur Cambon ! Car qui a connu le deuil connaît la puissance de cette phrase de Rigord, moine du XII siècle « L’oubli est la ruse du diable ; ne meurent et ne vont en enfer que ceux dont on ne se souvient plus ». Et celle plus contemporaine de Jean d’Ormesson « Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants ».

Maintenance à la Cascade de Villard-Notre-Dame

Octobre 2021, Serge Ravel, Yvez Rogez, Alain Bengaouer

La Cascade de Villard-Notre-Dame offre trois voies fort recommandables, Les délices de Notre-Dame, Giclée Magique et Issue de Secours, en très bon rocher, dans un cadre superbe et d’accès aisé (10 mn de marche puis 5 rappels de 48 m et 1 rappel de 15 m). Le seul hic, c’est que la cascade charrie aussi son lot de cailloux dégradant régulièrement l’équipement en place. Profitant de deux belles journées d’automne on a fait une visite de maintenance de ces trois voies et remplacé toutes les plaquettes écrasées ou les goujons rouillés.

Dans Giclée Magique (J.M. Cambon, 1997), quelques points ont été ajoutés pour limiter l’exposition (points de renvois notamment) et un point ajouté dans L3 pour indiquer le cheminement. R7 a été déplacé sur une vire pour être plus confortable.

Rééquipements à la tête de la Maye

Deux voies y ont été complètement rééquipées cette année avec l’accord du Comité de pilotage de la Convention Alpinisme du Parc National des Ecrins.

Li Maye Laya (1994 – Sylvain et J.M. Cambon, Pierre Chapoutot, Olivier Mansiot)
Rééquipement des dernières longueurs en points inox M10.

Maye Friend (1992 – JM Cambon, Patrick Corréard)

Rééquipement complet en goujons inox M10.
Quelques aménagements pour rendre la voie plus homogène dans le 5c/6a, et densifier l’équipement dans les longueurs sommitales. L8 très légèrement modifiée, L9-L10-L11 très longues fractionnées en 4 longueurs. L’équipement de cette voie a été réalisé conformément aux promesses de JMC (qui dataient de l’édition 2002 du topo , et qui étaient recopiées dans toutes les versions suivantes). A savoir réaliser quelques aménagements pour rendre la voie plus homogène dans le 5c/6a , et densifier l’équipement dans les longueurs sommitales  »moyennement protégées » écrivait JMC – doux euphémisme !!

Rééquipement par Philippe Pauillac – 2021